Samedi 7 février 2009
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Comment juger une personne ; par ce qu'on voit de celle-ci, par ce qu'elle montre, ou par ce qu'elle est ? Sachez que le jugement n'est pas toujours péjoratif. Il prend cependant trop souvent
cette forme. Le jugement est naturel, il nous sert à nous faire une idée sur une personne, ou sur un sujet, un élément. Il n'est faisable que grâce à certaines informations et certaines
connaissances de l'élément que nous cherchons à qualifier, à scerner, à identifier. Les premières que nous recevons sont celles que capte notre vue. Il ne faut pas croire que ce
que montre une personne correspond à ce que nous voyons d'elle. Un message peut être émis d'une certaine façon et reçu d'une autre. Un regard, une attitude, une démarche, un signe,
n'est pas traduit de la même façon par tout le monde. Il faudrait, en effet, pour connaitre les gens, apprendre pour chacun la traduction d'un même message. La communication ne peut
jamais être vraiment parfaite, car chacun a sa propre vision du monde et ses propres impressions, on ne ressent pas les choses de la même manière. Nous sommes, certes, tous des Hommes, et
nous avons des points communs dans les éléments courants, quotidiens, habituels, comme la surprise, la joie, la souffrance... Mais là encore, comment traduire la souffrance d'une
personne ? Elle se ressent, et il est impossible de comparer la douleur d'une personne par rapport à celle d'une autre. Il n'y a pas d'échelle. Peut-être qu'une personne s'amusera beaucoup lors
d'un quelconque évènement, ou d'une quelconque activité, alors que pour ces même éléments, une autre ne se divertira peut-être pas autant. C'est pourquoi le jugement sur une personne,
sur un sentiment, reste très subjectif. Nous jugeons par rapport à nos normes ou à nous même, à notre vécu, à ce que nous connaissons. Nous pouvons certes imaginer la surprise que
ressent quelqu'un, mais nous ne pouvons pas la définir totalement. Il est possible d'émettre des informations sur notre fatigue, mais, encore une fois, leur traduction ne sera
pas aussi exacte que leur émission. Cela joue en effet sur peu de choses, car la plupart du temps, nous saisissons, grâce à notre vécu, le message dans sa globalité. Il est cependant
difficile, lorsqu'un évènement nous est inconnu, de déchiffrer les sentiments d'une personne qui le vie. Simplement parce que le message reçu, s'il n'a pas déjà été identifié auparavant
grâce à notre vécu, ne sera pas compris, ou toutes fois mal traduit. Nous pouvons en déduire que rien n'est jamais mieux fait que par sois-même. Le meilleur moyen de ressentir les
choses est de les vivre. La simulation nous aide à nous mettre à la place d'une personne lorsque ce qu'elle vie, ou ce qu'elle fait, ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent, nous est
familier, et ressemble donc à ce que nous vivons, ou avons, du moins, déjà vécu. La simulation d'une expérience inconnue ne peut que être faussée. Et comme répété plusieurs fois, les
même messages reçus par différentes personnes ne seront pas interprétés pareil. Certes leur traduction se ressembleront, auront un lien direct, mais jamais elles ne seront identiques.
Tandis que le message, lui, reste ce qu'il est, pour tout le monde, du début à la fin. L'art recherche cette idée de compréhension lors de l'analyse des oeuvres. Quel message est transmis,
et quelle interprétation de celui-ci l'auteur a-t-il voulu amener ? Ce n'est que lorsque l'interprétation correcte du message est aqui que l'oeuvre peut provoquer sur le
spectateur, le lecteur, ou l'auditeur, l'effet voulu. C'est, parfois, lorsque le message transmis dans une oeuvre est complexe à déchiffrer, qu'elle le plus souvent appréciée. La reflexion
sur ce message engendre, lors de sa (partielle) compréhension, une joie plus intense que si celui-ci nous était évident. Mais il ne faut pas croire que cela fait d'une oeuvre ce qu'elle est. Il y
a également le moyen de représentation de ce message. Les éléments visibles, les couleurs, les formes, les textures, les sonnorités, les instruments utilisés... Une oeuvre n'est comprise que
grâce à son message, et celui-ci n'est compris que grâce à l'analyse de la représentation de cet oeuvre. Il ne suffit donc pas de regarder, d'écouter, ou de lire, mais le récepteur doit
bel et bien être active dans l'interprétation du, ou des messages émis. Cependant, le message n'a pas toujours de traduction. Parfois, il se ressent. C'est alors le vécu qui nous rapproche de
l'exactitude de celui-ci. N'avez-vous jamais regardé un tableau, ou écouté un chanson, ou lu un texte, qui n'avait pour vous nul intérêt ? Et n'avez-vous jamais revu ces créations plusieurs
années plus tard en les regardant, écoutant, lisant, avec admiration ? La compréhension change le monde. C'est le passage de l'état d'enfant à l'état d'adulte. Le vécu est à l'origine
de la compréhension. Il est donc impossible de comprendre une personne sans connaitre son vécu. Faut-il alors comprendre les gens afin de pouvoir les juger ? La réponse est
évidente ; l'apparence d'une personne n'est pas ce qu'elle est réellement. C'est une coquille, plus ou moins épaisse. L'Homme se protège car il se connait, et sais que la critique est à usage
courant. Une critique sur ce que nous ne sommes pas ne peut pas nous atteindre. Cependant, une même critique, sur nos défauts et nos faiblesses, blesse énormément. C'est pourquoi l'Homme
porte constemment un bouclier ; il sait que lors d'une agression, ce n'est pas lui qui est attaqué, mais son masque. Il n'a donc pas honte d'être ce qu'il est, mais ne le montre tout simplement
pas. C'est pourquoi l'apparence ne reflète que rarement ce qu'est réellement quelqu'un. Jugeons nous donc l'apparence d'un élément, ou l'élément en lui-même ? Une voiture peut paraitre petite,
étroite et inconfortable, mais ce n'est pas pour autant qu'elle ne roule pas vite, qu'elle n'est pas économique, ou qu'elle n'est pas commode. L'image en elle-même est vide, innanimée
; c'est l'être qui la porte qui lui donne vie. Il ne faut donc pas se laisser duper. Le jugement d'une personne ne se fait pas sur ce qu'elle montre, sur ce qu'on voit de
celle-ci, mais bel et bien sur ce qu'elle est. C'est le savoir, la connaissance sur un élément qui nous permet de le juger. Il ne faut donc par évaluer les gens sur l'image qu'ils envoyent ou sur
l'image que nous recevons d'eux, mais sur ce que nous savons de ces personnes. Sans le savoir, les sens ( entre autres la vue ) ne seraient pas utilisable. Il ne faut pas s'arréter à ce
qui semble être le plus simple, mais à ce qui semble être le plus juste. L'effort précède la satisfaction et le repos. Le repos précède l'effort.
Le jugement, comme énoncer dans l'interrogation de départ, est présenté comme étant un problème. Aurais-je pu produire un tel développement s'il ne l'avait pas été ? J'espère, encore une fois,
vous avoir convaincue de la véracité de ma thèse, qui veut que le Problème soit la source de la vie. En espérant lire vos nombreux commentaires, je vous encourage à poursuivre votre
lecture de mon blog, et a protester, si vous n'êtes pas en accord avec mes affirmations, ou au contraire à approuver les éléments démontrés.
Écrit par Pierre Coullandreau.
Par Pierre Coullandreau
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Publié dans : Réflexions et philosophies
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